De la Présentation de la chefferie de Basile 

Situation géographique et démographique

La chefferie de Basile est située dans la province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Elle est située entre 27°30’29 de longitude Est et 2°36’6’4’’ de latitude Sud. L’une de six (6) chefferies (Cinq chefferies et un secteur) que compte le territoire de Mwenga et abrite le Chef-lieu du territoire. Sa superficie est de 3.113 km2 avec une population d’environs 60.961 (statistiques Chefferie Décembre 2009). Elle est administrativement organisée en douze (12) groupements qui sont : Babulinzi, Bamunda, Batumba, Bashimwenda I, Bashimwenda Mayu, Balobola, Bizalugulu, Bawanda, Bashilubanda, Bashitonga. Les deux groupements non organiques sont Balimbizi et Banamocha.

La Chefferie de Basile est limitée :

  • A l’Est par la chefferie de Lwindi ;
  • A l’Ouest par la chefferie des Wamuzimu ;
  • Au Nord par les territoires de Shabunda et de Walungu ;
  • Au Sud par le secteur d’Itombwe ;

La chefferie des Basile connaît un climat tropical chaud et humide avec des pluies abondantes (1 600 à 2200mm/an). La température moyenne est de 23°C. La forêt tropicale couvre 2/3 de la chefferie.

Relief

La chefferie de Basile est située dans la région d’altitude moyenne entre 800 et 1600m. Elle est constituée d’un plateau peu accidenté avec des vallées larges et peu profondes. Les montagnes y sont peu représentées et très dispersées.

Les forêts insuffisamment exploitées, couvrent les 2/3 de la chefferie, alors que le reste est couvert par une végétation herbeuse. Les sols sont fertiles et alluvionnaires offrant d’excellentes conditions pour le développement de plusieurs cultures agricoles : manioc, riz, arachides, palmier à huile…

Hydrographie

Le réseau hydrographique de la chefferie de Basile est arrosé par plusieurs cours d’eau et rivières dont les principales sont Kikuzi, Lulimunyu, Kyoka, Lushiga, Kilimata, Mwana, Kasitenge, Bilahile,Kizumbe, Namusindiki, Zalya, etc. A ces cours d’eau s’ajoute un réseau hydrographique temporaire et saisonnier qui constitue des rigoles et des ravins fonctionnant pendant la saison pluvieuse. Les cours d’eau servent de frontière naturelle du Nord-Ouest par le secteur d’Itombwe.

Le potentiel en eaux souterraines (thermales) demeure tout de même assez important. La présence de nombreuses cours d’eau, barrages qui datent de l’époque coloniale et sources captées et non captées, en constitue une preuve

Climat

La chefferie de Basile comme l’ensemble du Territoire de Mwenga est située dans la zone tropicale chaude et humide avec des pluies abondantes (1600 et 2200 mm/an) et de températures élevées dans la partie Ouest. La partie Est jouit d’un climat doux et tempéré par l’altitude. Elle connaît deux (02) saisons bien marquées :

  • Une saison sèche qui dure environ trois (03) mois (de juin en Août) : elle est marquée par un vent sec et frais qui souffle de juin à Août avec des températures douces oscillant.
  • Une saison pluvieuse qui s’étale sur environ neuf (09) mois (de septembre en mai) : elle est annoncée par des fortes pluies (pluies critiques). Vent chaud et humide soufflant de l’Est à                 l’Ouest, du Sud au Nord.

L’analyse du pluviomètre au cours des huit (08) années indique une évolution en dents de scie des précipitations d’une année à l’autre. Cette fluctuation des précipitations affecte de plus en plus les pays tropicaux qui sont soumis aux effets néfastes des changements climatiques se traduisant par la baisse des précipitations. Cependant la chefferie de Basile fait partie des zones les plus arrosées du Territoire de Mwenga. Ce qui fait de Basile une zone propice aux activités agropastorales.

Horizon pédologique

Le sol de la  chefferie de Basile est volcanique dérivé du Basalte que nous rencontrons dans tout le plateau de Mwenga-Kadubo. C’est un sol naturellement riche mais appauvri par un fort lessivage qui entraine les éléments minéraux en profondeur. Son sous-sol renferme des minerais variés (Or, Cassitérite, coltan, Wolfram, etc)

L’exploitation des minerais se fait dans les groupements suivants :

  1. Bizalugulu : on exploite la cassitérite dans le village de Kakanga-Kigalama,…
  2. Bashimwenda Mayu : Trois carrières dans les villages de Itabi, Lukatu, Makalapongo, où l’on  exploite l’or et la cassitérite
  3. Batumba : trois carrières dans les milieux suivants :
  4. Mayengo dans le village de Kalungu : cassitérite
  5. Muliza dans le village de Kyamba : cassitérite
  6. Kakanga dans le village de Manyota : Cassitérite, or
  7. Bashilubanda :
  8. Kakulu dans le village de Kakulu : cassitérite
  9. Kishingu dans le village de Manyota : cassitérite
  10. Bashimwenda I : Lubyolo, Kikindi, Zombe, Mwana …: Cassitérite et or.
  11. Bawanda :Powe, Kyunga,… : Cassitérite, coltan

Le couvert végétal

La chefferie de Basile se caractérise par un couvert végétal assez important dont le niveau de densité varie d’une zone à l’autre. La majeure partie est couverte d’une forêt dense et on y trouve de petites savanes parsemées à Lusenge et à Mumbili dans le groupement de Bashimwenda I et à Ngando en groupement des Balobola.

La faune

La faune de la chefferie est assez riche et variée. 10% de la superficie de la Reserve Naturelle d’Itombwe constitue une biodiversité assez riche dans la Chefferie de Basile. Les limites externes de cette réserve ont été déterminées depuis 2018 suivant une approche participative. Au regard de sa biodiversité et de sa position entre deux aires protégées (Parc de Kahuzi Biega et la Reserve Naturelle d’Itombwe RNI), la Chefferie de Basile contribue à la promotion de plusieurs projets dans le secteur de la foresterie communautaire. Ceci pour faire face à la déforestation sauvage et de l’extinction des espèces en voie de disparition. Ce programme a un impact considérable sur la protection de l’environnement face aux agissements des groupes armés résiduels encore présents dans la zone.

 Groupes ethniques, langues parlées, religions, culture et art

L’analyse des données de 1996 indique que le Territoire de Mwenga est habité essentiellement par des peuples bantous : les Balega, les Banyindu, les Bashi et les Babembe, et représentent respectivement 45%, 5%, 35% et 15% de la population. Quant à la chefferie, elle connaît une dominance de l’ethnie Balega qui  est autochtone dans la chefferie. Il cohabite avec d’autres populations migrantes surtout qui viennent des Territoires de Walungu et de Kabare qui font essentiellement le commerce et l’exploitation des mines. Le Kiswahili et le Kilega sont les principales langues de communication entre les différents groupes ethniques en présence dans la chefferie de Basile.

Au plan religieux, les Basile sont en majorité de confession catholique romaine représentée par la paroisse Sainte-Marie de Mwenga. Elle connaît plusieurs autres communautés protestantes ; la 5e   CELPA, la 8e  CEPAC, la 40e CECA, la CMLCO (Méthodiste), le Kimbanguiste, etc., et y sont installées depuis des décennies. La communauté musulmane a tenté à maintes reprises de s’y installer, mais en vain. Ce n’est que lors de l’arrivée des troupes Onusiennes(MONUSCO) à l’Est de la République Démocratique du Congo qu’on a observé la construction des mosquées dans des grands centres. Les témoins des Jéhovah sont également installés dans la Chefferie mais à une moindre proportion.

Quant à la culture, fondamentalement, la famille constitue l’unité de base de toute société humaine en général et de la population en particulier. Comme partout ailleurs à l’Est de la RD Congo, les Basile pratiquent  le système patriarcal ou les enfants issus du mariage appartiennent à la famille du mari. Depuis de  temps immémoriaux, les Basile pratiquent la polygamie, mais avec l’évolution du christianisme et le coût de vie, ils deviennent de plus en plus monogames.

L’éducation des jeunes enfants est assurée au niveau de la famille à travers des multiples contacts. Les jeunes garçons se retrouvent avec les aînés autour des vieillards dans les maisons d’initiation (Lubunga ou Lusu) où  ils reçoivent les us de la coutume. A partir de 7 ans, le gros de l’éducation se faisait à travers une cérémonie de rite d’initiation lega « le Bwali » où les néophytes allaient vivre pendant deux (2) mois et plus, retirés en brousse où seuls les initiés avaient accès. Quant aux jeunes filles, elles étaient encadrées par des vielles femmes pour leur éducation.

S’agissant de l’art, les Balega-Basile font la sculpture à partir de l’Or,  l’ivoire et le bois. La fabrication des vans, des nattes et la forge des métaux (lances, couteaux) sont parmi les activités artisanales des Basile.

Organisation sociale de la chefferie de Basile

Histoire du peuplement

L’arrivée des colons Belges dans l’Urega  a été marquée par la reconnaissance de chefs traditionnels locaux qui avaient le pouvoir dans leurs différentes communautés trouvées sur place. C’est ainsi que KALENGA KISHINGA KITOGA fut reconnu comme chef traditionnel indigène par l’arrêté n° 586 du 10 Août  1913 et à l’occasion, une médaille de NICKEL lui a été attribué pour lui reconnaitre cette qualité. L’insoumission du Mwami KALENGA aux autorités coloniales entraina sa rétrogradation comme grand notable de chef LONGANGE MPAGA qui, sous la bénédiction de la colonie, ce dernier prendre la direction de la grande Chefferie de Wamuzimu en 1926. Signalons que le Chef LONGANGE avait aussi obtenu sa médaille de Nickel en 1917, quatre ans après celle de KALENGA. Dans sa résistance, KALENGA connaitra deux relégations successives à Rutchuru (dans l’actuelle province du Nord Kivu) en 1928 et à Katakokombe(dans l’actuelle province de Sankuru) en 1932 où malheureusement il trouvera la mort. Le combat de KALENGA  KISHINGA sera couronné le 31 Mars 1960 juste avant l’indépendance de la République Démocratique du Congo. C’est à cette date qu’une nouvelle page d’histoire va s’ouvrir en donnant naissance à une nouvelle Chefferie, issue de la scission de la grande Chefferie de Wamuzimu. Cette nouvelle Chefferie sera dirigée par le Mwami KALENGA LWANGO, petit fils du résistant KALENGA KISHINGA.

Organisation socio-Politique et administrative

Chez le peuple lega en général et chez les Basile en particulier, aucune institution centralisée n’a existé. Chaque tribu, chaque clan avait son chef autonome qui est l’aîné des descendants males de l’ancêtre fondateur du clan. L’organisation politique chez les Basile part du village qui est l’unité sociale de base dirigée par l’aîné de la lignée appelé chef de village. Après le chef de village vient au degré supérieur le chef de groupement dirigeant l’ensemble des villages d’un même clan et qui donne rapport à son chef de clan, c’est le chef de chefferie qui contrôle toute l’entité administrative. Il est le répondant de tous les clans auprès des tiers.

Administrativement, la chefferie de Basile est divisée en douze (12) groupements, divisés à  leur tour en quatre-vingt-deux localités (villages). Les rôles des chefs de villages et des groupements sont déterminés par la loi organique n08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des Entités Territoriales décentralisées et leur rapport avec l’Etat et les provinces.

Place et rôle de différents groupes sociaux de la chefferie.

 Place et rôle de la femme

La femme est au cœur de la société dans toutes les communautés de la chefferie de Basile. Son rôle principal est d’assurer la reproduction biologique et sociale de son groupe d’appartenance.

Dans la chefferie de Basile, la femme, c’est sur elle que reposent toutes les charges de la famille (travaux de champs et de ménage). La répartition sexuelle de travail fait que la femme soit la plus surchargée en agriculture, l’homme lui laissant toutes les charges domestiques. Ce qui explique le fait qu’elle est le plus souvent exclue du pouvoir et des instances de décision qui touchent la vie de la communauté. La femme doit obéissance et respect à l’homme qui est le chef du foyer. Elle s’occupe des travaux ménagers (cuisine, corvée d’eau et de bois, etc), de l’entretien et de l’éducation des enfants.

Généralement la femme n’a pas le droit de propriété sur  la terre mais bénéficie d’un droit d’usufruit. Elle peut exploiter un lopin de terre appartenant à son époux ou son fils pour la culture de l’arachide, du manioc, etc. Les femmes de la chefferie des Basile s’organisent au sein des associations et des groupements pour mener des activités génératrices de revenus à travers l’agriculture, le petit commerce, l’artisanat, etc. Cependant, l’analphabétisme, le poids des travaux domestiques, la pauvreté, les difficultés d’accès aux crédits etc. sont autant de maux qui entravent l’épanouissement des femmes et leur participation au processus de développement de la chefferie des Basile.

Place et rôle de la jeunesse.

Les jeunes constituent la frange la plus importante de la population de la chefferie de Basile. Cette frange de la population qui constitue l’avenir de la chefferie est la principale force productive de celle-ci. On note dans cette catégorie sociale la présence de la tranche d’âge plus importante des moins de 15 ans qui constitue une catégorie sociale des personnes potentiellement actives.

Les jeunes sont très actifs et contribuent au développement de la chefferie à travers leur participation dans les associations et groupements. Dans la chefferie de Basile, ils sont confrontés aux dures réalités de la pauvreté, du chômage, de l’analphabétisme et sont cibles de différents groupes armés. Cette situation incite nombreux d’entre eux à l’exode vers les centres urbains privant ainsi la chefferie de Basile de sa main d’œuvre active.

Il serait important de créer des activités qui pourraient fixer ces jeunes et les impliquer dans le développement de la chefferie. Il s’agit des formations dans le domaine des métiers tel que la menuiserie par exemple. L’accès aux crédits peut contribuer à la lutte contre la pauvreté et le chômage dans la chefferie de Basile en facilitant la création d’activités génératrices de revenus.

Place et rôle des personnes âgées.

Cette catégorie occupe une place de choix au plan social même si elle est numériquement  faible et participe peu au processus de production des biens et services dans la chefferie. En effet, parmi les personnes âgées, on note la présence des leaders coutumiers qui sont les gardiens de la tradition, des valeurs morales et coutumières. En tant que personnes ressources, elles sont consultées pendant les prises de décisions importantes qui touchent à la vie de la communauté.

Infrastructures socio- économiques

Routes et pistes

La principale voie de communication qui traverse la chefferie est la route nationale numéro 2 qui joint Bukavu à Kasongo dans la province du Maniema en passant par la Chefferie de Basile. Le reste de la chefferie n’est accessible que par des pistes rurales qui permettent notamment de relier le chef-lieu de la chefferie et les différents groupements et villages. D’autres localités ne sont accessibles qu’à pieds ou par moto. Hier, ces routes de desserte agricoles étaient dans un état de délabrement  très avancé, aujourd’hui, certains d’entre elles sont en pleine réhabilitation. Les routes de desserte agricoles en Chefferie de Basile totalisent plus ou moins 170km.

Il s’agit de :

  • Kibumba –Ngando                     : +/-22km
  • Sungwe –Makalapongo-Isopo    : +/-40km
  • Mwenga –Kitamba                    : +/-6km
  • Mizulo-Kiya                              : +/135km
  • Bilalombili – Mizulo                     :+/-10km
  • Kakanga –Isopo-Kalumba         : +/-60km
  • Kalole II-Masango                     :+/-4km
  • Myamba –Mbobole                   : +/-8km

Réseaux téléphoniques

La chefferie reçoit des signaux des réseaux cellulaires Airtel (ex Zain), Vodacom et Orange. Ces réseaux arrosent une bonne partie de l’entendue de la Chefferie.

Activités économiques

Basile est une chefferie où l’activité agricole occupe une place de choix dans l’économie locale. Cela se traduit non seulement par la forte propension des habitants à se tourner vers cette activité mais aussi par la bonne production enregistrée de façon générale. Plusieurs facteurs contribuent au développement de l’activité agro- pastorale dans la chefferie en particulier et dans tout le territoire de Mwenga en général.

En dehors de cette activité qui occupe l’écrasante majorité de la population, nous signalons ici les autres secteurs de production tels que l’élevage et l’artisanat mais aussi les secteurs de soutien à la production tels que le commerce et le transport.

Agriculture

La chefferie de Basile est une région agricole par excellence. Elle bénéficie d’une bonne répartition des pluies, des sols aptes à la pratique des cultures de rente et des sites propices au maraîchage. Les productions et les rendements sont élevés dans ce milieu.

Les cultures les plus importantes sont le manioc, le riz, le maïs, l’arachide, le haricot, les légumes verts, le palmier à huile.  L’huile de palme, l’arachide, le haricot et le maïs sont aussi produits et vendus, même en dehors de la chefferie. Ce qui permet aux habitants de se procurer un peu d’argent pour faire face aux autres besoins comme le paiement des frais scolaires des enfants, l’habillement, les soins médicaux et l’approvisionnement en d’autres produits de nécessité courante non disponibles dans l’entité.

Cependant, on enregistre des cas de sous-alimentation et mal nutrition aiguë. Cette insécurité alimentaire est due à 3 facteurs :

  • La raison principale est la présence des maladies des plantes comme la mosaïque africaine qui détruit le manioc ;
  • Le sol qui est devenu infertile et  ne permet plus de produire comme par le passé. Cela  est dû aussi à l’ignorance des techniques culturales ;
  • Le manque de la main d’œuvre car la population valide dont l’âge est compris  entre 18 et 35 ans n’a pas de goût aux travaux des champs. Elle se dirige vers les carrières d’or et de cassitérite ou passe des journées dans les avenues en train de prendre la bière fortement alcoolisée.

 Les facteurs de l’évolution de la production agricole

Ils sont à rechercher dans l’environnement climatiques, les pratiques culturales, le niveau d’équipement des ménages, les structures d’encadrement et l’action des partenaires au développement.

a. Les pratiques culturales

On distingue un seul type de pratique culturale dominante à savoir les exploitations familiales de petite taille. L’exploitation familiale est sous la responsabilité d’un chef de ménage. Elle se fait sur les terres familiales plus ou moins grandes selon leur disponibilité et selon la taille du ménage. Elle a lieu pendant la saison pluvieuse. Le matériel de production reste pour l’essentiel traditionnel et artisanat.

b. Les structures d’encadrement et de soutien à l’agriculture de la chefferie  

Il y a lieu de distinguer ici, les structures d’encadrement technique de l’Etat, des intervenants privés tels que les ONG, associations et groupements agricoles dans la chefferie. Les actions des agents de l’Etat dans le domaine agricole bénéficient de l’accompagnement de quelques ONG et des partenaires au développement dans la chefferie.

Elevage

Les cheptels disponibles ; Lapins, chèvres, vaches, cobaye, poules, porcs… La pisciculture reste une autre forme d’élevage la plus pratiquée dans les groupements. Les étangs piscicoles généralement introduits à l’époque coloniale belge, sont estimés à plus de 4000 (ceux qui sont fonctionnels) dans toute la chefferie des Basile. On y trouve plusieurs étangs piscicoles où on pratique l’élevage de Tilapia Nilotica. Il faut toutefois noter que les techniques d’alimentation des poissons et d’entretien de ces étangs restent encore rudimentaires. Les étangs piscicoles constituent des réservoirs des moustiques qui peuvent être à la base des maladies. Malheureusement, plusieurs autres étangs piscicoles ont été abandonnées et devenues des étangs à l’eau stagnante et sont plus dangereux que ces premiers.

Artisanat

Il apparait que cette activité est très peu développée dans la chefferie de Basile et intervient de façon marginale dans l’économie locale. Il existe néanmoins quelques associations agissant dans le domaine de l’artisanat. Les activités sont essentiellement tournées vers la forge, la vannerie, la poterie et la fabrication des nattes avec tout de même très peu d’encadrement.

Commerce

Le commerce dans la chefferie de Basile est dominé par les transactions des produits locaux et par les échanges des produits de consommation courante. Cependant, la chefferie est caractérisée par l’absence d’importants marchés. On dénombre néanmoins quelques centres ou les gens s’approvisionnent et fonctionnant suivant un calendrier.

Partenaires au développement.

Associations, Groupements et organisations de la société civile

La chefferie de Basile regorge plusieurs associations de développement et ILD (initiative locale de développement). Ces organisations interviennent en ordre dispersé car ne travaillent pas en synergie. Dans leur grande majorité elles interviennent dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la protection de l’environnement et de l’alphabétisation. Chaque Groupement de la Chefferie dispose à ce jour d’un Comité Local de Développement (CLD) et le Barza communautaire au niveau des localités. Ces CLD servent d’interface sociale entre les communautés locales et les organismes d’appui pour drainer et orienter les projets locaux. Ces structures mises en place avec le concours du PNUD dans cette contrée n’ont jamais été opérationnelles faute de suivi.

Gouvernance locale

Organisation Politico Administrative

Les Basile sont regroupés en douze groupements divisés en villages. Vivant en communautés, ils sont soumis à une autorité coutumière hiérarchique et héréditaire en commençant par le chef de village, en passant par le chef de groupement jusqu’au Mwami de la chefferie assisté par les gardiens de la coutume.

Administrativement les chefs de groupements dépendent du chef de la chefferie. Dans la gestion, les chefs de groupement sont aussi assistés par une équipe de chefs des villages. « La chefferie est, aux côtés de la ville, la commune et le secteur, une Entité Territoriale Décentralisée en vertu de la constitution du 18 Février 2006 de la République Démocratique du Congo telle que modifiée et complétée par loi n⁰11/02 du 20/01/2011 portant révision de certains articles de la constitution de la République Démocratique du Congo ; de la Loi organique 08/012 du 31 Juillet 2008 portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des Provinces et la Loi 08/016 du 07 Octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des Entités Territoriales Décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les provinces.

Suivant les dispositions de l’article 3 de cette constitution, la chefferie jouit de la libre administration et de l’autonomie de gestion de ses ressources économiques, humaines, financières et techniques. Elle est dotée de la personnalité juridique et exerce des compétences de proximité. Dans l’esprit du législateur, exprimé dans le préambule ‘’ce principe de la libre administration prend en compte la détermination du peuple congolais à consolider l’indépendance et l’unité nationale dans le respect des diversités et des particularités des communautés, l’intégrité du territoire et la souveraineté nationale’’…

Dans cet ordre d’idées, ‘’ la répartition des ressources financières entre le pouvoir central et les provinces repose sur le principe fondamental selon lequel le transfert des compétences, des charges et des responsabilités aux provinces et aux Entités Territoriales Décentralisées par l’Etat doit être accompagné de transfert des ressources conséquentes en leur faveur’’.

D’où la notion constitutionnelle de 40% des recettes à caractère national allouées aux Provinces à retenir à la source et la caisse nationale de péréquation en raison de 10% de la totalité des recettes à caractère national revenant à l’Etat chaque année  ».[1]

Finances locales

La Constitution de la République reconnait à son article 3, une libre administration et une autonomie de gestion aux chefferies. La chefferie de Basile fonctionne grâce aux recettes locales  et des rétrocessions en provenance des taxes et contributions diverses.

Le retard dans l’organisation des élections municipales fait que jusque-là, il n’y a pas encore un organe délibérant.

Il y a lieu de noter que les ressources allouées à la chefferie et le faible taux de recouvrement des recettes ne permettent de booster le développement de la Chefferie tel que défini dans le Plan de Développement local (2018-2022). D’où les contributions du Gouvernement de la République, du Gouvernent Provincial, de tous les filles et fils ainsi que les partenaires s’avèrent indispensables.


[1] Sosthène BULAMBO-wa-TOMBO y’ILEKE. Problématique des impôts et taxes dans les ETD du territoire de Mwenga ; Cas des chefferies des BASILE et des WAMUZIMU, en Province du Sud-Kivu,  RDCongo,

Edition PIL, Bukavu , décembre 2012, page 42

Vision de la Chefferie de Basile

Cette vision a été exprimée dans l’atelier de planification organisé du 31 Octobre au 04 Novembre 2014  pour l’élaboration d’un budget participatif et d’un plan quinquennal 2015-2019 de la chefferie. Y ont participé,  39 personnes représentants de toutes les couches sociales de la chefferie  sous la modération du coordonnateur de l’ONG Promotion des Initiatives Locales « PIL asbl en sigle ». Cette vision a été retenue pour ce nouveau PDL.

A la question principale  « quelle est la forme que les participants veulent voir de leur chefferie et dans quel état ils aimeraient voir les citoyennes et citoyens de cette Entité Territoriale Décentralisée »,

Les représentants dans ce forum ont dégagé une vision formulée comme suit :

« Une chefferie de Basile avec ses 12 groupements, ses 82 villages, et ses ressources naturelles bénéficiant d’une bonne gouvernance où la population vit en paix, travaille plus, dispose de bonnes  routes, d’un revenu croissant et où les enfants étudient bien et les membres de leurs familles mangent bien et assez, se font soigner en cas des maladies et sont bien logés ».

Cette vision  fut adoptée à l’unanimité par tous les participants (100%).

D’une manière définitive, nous invitons toute personne tant physique que morale qui aura à prendre connaissance de cette carte postale de réserver une attention particulière par rapport aux défis, aux potentialités diverses et vision de la Chefferie. Nos remerciements anticipés à tous ceux qui liront cette carte postale.